Previously on
Mavimoneuv:
- Tu verrais Paris c'est génial, c'est tout blanc, je ne peux plus sortir du XIe tellement il y a de neige et je veux rester bloquer ici toute ma vie.
- T'as bu ?
- Un peu, mais on est obligé ici, c'est pour se réchauffer. Instinct de survie.
- Mais tu déconnes ou pas quand tu dis que tu veux vraiment revenir vivre à Paris?
- Nan, chuis sérieux!
Tuuuuuuuuuuuut
Générique Eric!
Ce n'est pas la peine de vous faire languir en ne vous donnant l'information la plus importante qu'au bout de trois paragraphes: c'est la queue entre les jambes que je rentre à la maison. Je ne suis pas revenu avec un contrat de travail qui de facto déclenchera un retour en France avant la fin février 2011. Maintenant vous pouvez vous arrêtez de lire car je vais écrire trois paragraphes pour justifier que je n'ai pas perdu mon temps en France.
Tout d'abord, je ne suis pas mécontent d'avoir eu ma dizaine d'entretiens avec différents acteurs du monde très fermé du
capital investissement français. J'ai rencontré des personnes plutot ouvertes et certaines pretes à vraiment m'aider dans ma recherche d'emploi. Et j'ai trouvé ca plutot encourageant. Le problème c'est qu'on a pas le même horizon. Quand mes interlocuteurs me précisaient qu'ils avaient l'intention de recruter, c'était souvent en ajoutant que ce serait dans le courant 2011 si tout va bien... Ce genre de précision ne répondait pas trop à mon objectif de trouver du travail avant la fin décembre 2010. Mais c'est pas grave, ces entretiens m'ont permis de sentir le climat des affaires francais comme on dit.
Certaines de mes discussions m'ont même fait douter sur notre choix de rentrer en France ou même en Europe. Même les infos pouvaient faire douter: L'Irlande a été sauvée de justesse, il faisait tres froid et l'immobilier n'arrete pas de monter surtout à Paris. Je me suis rendu compte que l'Asie fait rêver. On peut vendre du rêve avec l'Asie. On parle de terres d'aventure, de disruptive innovation, de saut technologique, de nouveaux business model à inventer. Ce sont des sujets qui font briller les yeux de certains investisseurs. Et c'est vrai qu'il y a de quoi faire rêver. Mais une fois sur place les choses sont beaucoup moins faciles. On se rend compte que terres d'aventure est souvent synonyme de terres inconnues. Ce qui est acquis pour nous ne l'est pas forcément dans la région: instabilité politique, corruption, guerre, dictature, régimes fiscaux aléatoires sont des éléments à prendre en compte avant de se lancer dans la région. Si c'est pour lancer une pizzeria, ce ne sera pas trop un problème, mais pour les groupes un peu plus gros ce sont des risques à ne pas négliger. On parle souvent des success story et un peu moins des gros fails. Mais du coup, j'ai senti dans le discours de certains comme une incompréhension. "Mais pourquoi veut-il rentrer alors que tout se passe la-bas?"
Restons dans le domaine économique sans aborder un autre sujet beaucoup plus subjectif: la vie à Singapour est-elle plaisante? Est ce qu'en tant qu'employé, nous profitons de la performance asiatique, financièrement parlant? Et bien depuis 2008, la réponse penche plutot vers le non. L'économie est très volatile et alors que la crise battait son plein, ici nous subissions des baisses de salaires. Depuis peu la crise est derrière nous mais les hausses de salaire ne sont pas forcément là... Pour faire simple, la variation des salaires n'est pas corrélée avec la hausse ou la baisse de l'économie. Je ne dis pas que nous vivons mal, mais je dis simplement que l'Asie n'est pas un eldorado. Sur le plan financier, la France procure une tranquilité d'esprit (peut être pas pour très longtemps) qu'aucun pays asiatique ne donne: le chomage, la santé et la retraite. Une grossesse compliquée et c'est notre retraite qui part en fumée. Les amortisseurs francais ne sont pas à négliger même s'ils venaient à être moins confortable à l'avenir, ca m'étonnerait qu'ils disparaissent du jour au lendemain. Je ne dis pas que la France c'est mieux que Singapour. J'essaye juste de faire un constat honnête. Et je ne dis pas non plus que je préfèrerais vivre dans un système plutot qu'un autre. Tout me convient tant que les règles sont claires. Et les règles étaient claires dès le début à Singapour.
Voila j'ai écrit mes trois paragraphes. Et bien évidemment il n'y a pas de chutes car j'ai dit l'essentiel dès le début. Ah si, je pourrais finir en disant que l'avantage d'être employé à Singapour, c'est que dans notre quotidien on peut vivre et avancer sur cette fameuse "terre d'aventures" sans prendre les risques financiers qui y sont associés. Et ce sont des jobs que nous n'aurons jamais en France...
Finalement, le retour en France m'a surtout permis de faire une chose: réfléchir à ce que je voulais vraiment dans la vie...
Ca n'a rien à voir: