Souvent au bureau le lundi matin, on entend: "- Comment ça va, aujourd'hui?, -pfff, comme un lundi!" Eh bien, lundi vers 12h30, je n'allais pas comme un lundi ordinaire, car notre table de verre s'était brisée et a gentiment "eraflé", "coupé", "tailladé" ma cuisse gauche. Quand j'ai vu la taille du steak qui avait été coupé, je me suis dit qu'un bisous sur la cuisse et le petit mot gentil "oh c'est que du vernis" ne suffiraient pas à réparer ce qui était arrivé.Heureusement, je me suis rendu compte que le sang ne coulait pas trop et au bout de quelques minutes je me suis dit que je ne mourrai pas comme une merde vidé de mon sang sur le carrelage du séjour. Après j'ai vu que je pouvais bouger mes orteils... ouf.
Ensuite, j'ai essayé de passer quelques coups de fil mais en vain. Pas de chance, soit j'avais pas les bons codes pour appeler en France, soit je ne captais pas, soit mes correspondants n'étaient pas joignables. Comme dans les films, il fallait que je me débrouille tout seul. J'ai donc pris mon tee shirt, et je m'en suis servi pour faire un bandage. Ca m'a fait un peu de peine de souiller mon beau tee shirt Bintang, fraichement rapporté de Bali. Mais parfois, il faut savoir gérer les priorités!
Une fois mon bandage fait, j'ai été récupérer un autre tee shirt, pour filer à l'hopital en ayant l'air respectable. Mais j'ai vu que je laissais encore quelques traces de sang derrière moi, mêlé à de l'eau. Et ça non plus, ça fait pas très propre pour prendre un taxi. J'ai donc pris une serviette et j'ai emballé ma jambe comme j'ai pu pour ne pas qu'on voit de sang. Je suis descendu vers l'entrée du condo et j'ai demandé au gardien de bien vouloir m'appeler un taxi. Par chance, il y en avait juste un de stationné et il m'a emmené à l'hôpital le plus proche.
Et à partir de ce moment je suis passé du mode actif au mode passif. Je me suis lentement laissé guider dans les méandres des urgences de l'hopital. Et surtout une Madame G est apparue et a pris en charge le soutien moral et administratif (assurance et cie).
J'ai pu observer tous les différents grades des intervenants. Le docteur (je crois que c'est lui qui m'a opéré) qui est venu, une fois qu'on avait déjà regardé trois fois ma jambe pour voir le travail que j'allais lui rajouté sur sa to do du jour. Ca été le moins tendre de tous et le plus rapide. J'ai vu des tous jeunes apprentis qui n'osaient pas s'asseoir même quand leur chef leur proposait et qui avaient un bloc note qu'ils grattaient frénétiquement. J'ai vu des grades intermédiaires qui regardaient mais ne prenaient pas de décision ou des infirmières qui expliquaient à d'autres infirmières comment pousser mon fauteuil roulant. C'était très instructif. Mais pendant tout ce temps, j'ai aussi pas mal pensé à ce navigateur qui s'était recousu la langue tout seul...
A partir du moment où j'ai été admis à l'hopital et que je savais que j'y resterai la nuit, Madame G est repartie gagner sa croute (et la mienne). Je me suis retrouvé dans une chambre à 4 avec télé et air conditionné. C'était pas mal, surtout la télé car je n'avais pas pensé à prendre un bouquin. J'ai attendu sagement mon tour, toujours en pensant à ce navigateur. J'ai quand même dû raconter mon aventure plus d'une dizaine de fois, glass table... broke.... on my leg... à mes voisins, aux infirmières qui venaient me voir etc.
Vers 21h on est venu me voir pour me dire que j'allais passer au bloc. On m'a installé sous ces gros lampadaires à 4 lampes et à côté des bips de mon coeur. L'anesthesiste est venu faire son mariolle 2 minutes en m'expliquant qu'il allait m'endormir et me réveiller et que je ne sentirais pas ma jambe le lendemain matin. Puis je me suis endormi, mais de fatigue car ils se sont tous cassés ailleurs, une urgence est survenue et on m'a fait patienter 3 heures à côtés des bips de mon coeur qui ont oscillé entre 60 et 88 battements par minute.
Une fois l'urgence expédiée, ils sont tous revenus, m'ont fait respirer de l'oxygène et je suis parti vagabonder... Je me suis réveillé 20 minutes plus tard. On m'a reconduit dans ma chambre où il ne restait plus qu'un de mes 3 voisins. J'ai dormi et regardé HBO et CNN par intermittence en attendant le petit déjeuner.
Dans la matinée, une infirmière est venue me faire mon pansement et on m'a dit que j'étais réparé. On m'a donné des medocs, des papiers et des instructions pour les deux prochaines semaines. Je peux marcher, mais je ne galope pas et pour l'instant je n'ai jamais eu très mal. La fois où j'ai eu le plus mal, c'est quand le docteur m'a ausculté!
Je n'ai pas encore pu bien regarder cette cicatrice et compter le nombre de points...
Morale de l'histoire: le kite c'est dangereux mais rester chez soi aussi, alors autant aller faire du kite!
Prochain billet à venir: L'énergie que Madame G déploie pour attaquer en justice ce fabricant de table en verre.











oulah, c'est raide comme news au petit déjeuner...
RépondreSupprimerPour la cicatrice, demande a madame M de te trouver de la vaseline, ou autrement dit petroleum gelly, une fois que ça forme une croute ça tire de partout, la vaseline te ramolli tout ça et évite les trop vilaines cicatrices...
bon courage pour le procès.
milles bises
C'est clair que j'avais pas pensé que l'article pouvait être lu au petit dej...
RépondreSupprimerJ'ai bien fait de ne pas mettre de photos plus gores... comme celle de mon bandages de fortune :-)
Tu vis dangereusement Monsieur G ! Attend qu'on ait fini de déjeuner pour les vrais photos d'aventuriers... Tout ça depuis que tu es un pirate :)
RépondreSupprimerlundi soir, ta petite femme toute troublée, je lui ai fait boire quelques bonnes TIGER fraiches et tout allé déjà un peu mieux. j'ai vu la table, c'est fou. Guillaume, cicatrises bien, alors ne va pas faire du kite
RépondreSupprimertu es un vrai warrior Jean! comme dans Rambo qd il se recoud tout seul!!! j'espere que tu ne seras pas trop handicapé pour danser le jerk
RépondreSupprimermais non, tu t'es trompé, c'est un ptit verre pour la route et non un peu de verre in da leg.
RépondreSupprimerEn tt cas, voila une histoire cousue de fil blanc. Bonne récup !!
Pauvre Jean !!
RépondreSupprimerOn te souhaite un prompt rétablissement pour que tu puisse aller faire du kite au plus vite!
On va t'envoyer une planche à palet à Singap c'est moins dangereux!!
R1
RépondreSupprimerJe crois que la sagesse vendéenne a encore frappé...reste pu que le palet avec une petite bière fraîche, tu ne peux plus reculer guillaume!
Ce qu'est énorme c'est que tu donnes l'impression d'être mort de rire sur les photos, limite content de ton exploit, pti con va ;)